La  Ville de Bitonto

de Stefania Mola 

Ville de fondation très ancienne, elle fut une commune romaine sous le nom de Butuntum, et elle se flatte de posséder une des plus belles cathédrales romanes des Pouilles, entre autre depuis peu rendue à sa splendeur d’autrefois.  

la cathédrale.

L’église est encore partiellement inhabitable à cause des récentes recherches qui ont interessé toute la superficie intérieure et qui ont entre autre mis en lumière  des structures et des fréquentations préexistantes relatives aux édifices de culte à pilastre avec des restes de fresques, fragments de décorations sculptées datant probablement du XI siècle et de larges morceaux de revêtement de sol en mosaïque parmi lesquels se distingue, par sa beauté et son état de conservation, un grand griffon.

Le classement de Bitonto parmi les villes d’intérêt frédéricain n’est pas un hasard: en fait,au-delà de l’indiscutable intérêt pour une petite ville riche en églises et palais nobiliaires de chaque époque, les traces de l’empereur Frédéric II nous conduisent tout à fait vers la cathédrale dédiée à Saint Valentin, construite entre le XII et le XIII siècles selon le modèle de la basilique Saint Nicolas de Bari ; l’église a une importante façade partagée verticalement en trois parties par des lézennes , avec des toits en pentes et des couronnements, et elle est ouverte par trois portails (celui du centre magnifiquement sculpté de motifs végétaux et de scènes du nouveau testament), quatre fenêtres biphorées et une splendide rosace flanquée d’animaux sur de petites colonnes suspendues ; Le côté méridional qui regarde vers la place présente  une élégante galerie ouverte par des loggias à fines colonnes et  à chapiteaux à ornements richement sculptés. L’intérieur est divisé en trois nefs rythmées par des colonnes et des pilastres avec des semi colonnes qui s’y adossent; il ne nous reste aujourd’hui que des témoignages partiels du riche ameublement originel (parmi lesquels l’autel, le ciboire, la l’enceinte presbytéral) qui a été dispersé et démembré  par la vague de transformations de l’époque baroque. 

intérieur de la cathédrale.

Parmi ces ornements, l’ambon nous intéresse, aujourd’hui il est adossé au pilastre droit qui soutient l’arc triomphal, mais à l’origine il était installé entre les deux dernières colonnes à gauche de la nef centrale ; réalisé presque intégralement en marbre, démonté au XVII siècle et remonté partiellement au siècle suivant, l’ambon de Bitonto est une des pièces les plus célèbres de la sculpture des Pouilles, non seulement pour la préciosité archaïsante des gravures , des entrelacs, des jours, mais aussi à cause de l’inscription placée sous le lutrin (HOC OPUS FECIT NICOLAUS/ SACERDOS ET MAGISTER ANNO MILLESIMO/DUCENTESIMO VICESIMO/ NONO I[N] DICTIONIS SECUNDE) qui indique à l’histoire le nom de l’artisan (le Prêtre Nicolas lui-même qui signa  sur la fondation du campanile de la cathédrale de Trani) et la date de l’exécution  (1229).

Cet intérêt pour l’ambon provient de la présence d’une plaque triangulaire insérée dans le garde fou de l’escalier, encadrée  d’une bande décorée d’incrustations, qui montre une scène énigmatique sculptée en bas-reliefs: là se trouvent quatre personnages en position frontale, encadrés sous une file de petits arcs, l’un est assis et trois sont debout, et un oiseau empanaché (peut-être un aigle) en marge en bas à droite.  

La plaque de l’ambon.

Traditionnellement on les identifie comme  des membres de la famille souabe, les personnages pourraient bien représenter (en partant de la figure assise à gauche) Frédéric I Barberousse dans l’acte de transmettre le sceptre  à Henri VI, et ensuite Frédéric II et son fils Conrad, une sorte de célébration de la dynastie ; cependant, si la figure assise était féminine (comme il le semblerait à en juger par la coiffure et par le type de couronne), il pourrait s’agir directement de la personnification de la ville de Bitonto à laquelle l’empereur Frédéric, le personnage couronné au centre de la composition, enverrait un messager remettre le sceptre, symbole de sa condition de ville royale, et de cette façon placée sous l’autorité exclusive du roi.

Détail de la plaque de l’ambon.

 

Les images qui accompagnent cette page (Nicola Amato et Sergio Leonardi en sont les auteurs), sont tirées des volumes de Mario Adda  éditeur, Bari.

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Copyright  ©2005 Stefania Mola


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