FREDERIC  II  

L’HYGIENE  ET  LES  SOINS  DU  CORPS

  Aux soins de Carlo Fornari et Alberto Gentile

Celui qui  visite avec un peu d’attention Castel del Monte en se fiant à un bon guide, parmi tous les détails, distingue le soin  que l’architecte médiéval a consacré à la construction de l’implantation hydrique. Selon toute probabilité, dans la région des Murges encore à cette époque, l’eau devait être un bien précieux, mais ce qui surprend est qu’elle était abondamment utilisée pour l’hygiène personnelle des hôtes. Dans le château il y avait en fait plusieurs salles de bains alimentées en eau courante qui provenait de vastes citernes situées sur les terrasses où elles recueillaient les eaux de pluie. Evidemment l’affirmation de Jean de Wintertur qui aujourd’hui fait sourire, est correcte : « L’Empereur ne consommait qu’un repas par jour et prenait un bain « même » le dimanche ». 

Une habitude d’hygiéniste, pratiquée  par les « vip » modernes, rare à une époque caractérisée par les abus de la table et par la médiocre propreté du corps à peine masquée grâce à l’usage d’essences parfumées.  

terme.jpg (22550 byte)L’attention que Frédéric II consacrait au soin de son corps nous a été illustrée aussi par d’autres sources. Les thermes de Pozzuoli, si exaltés par Pierre d’Eboli dans « De Balneis Puteolanis », furent mentionnés parmi les antiques  splendeurs par Frédéric lui-même, qui les fréquenta pour se soigner des séquelles d’une maladie contractée en 1227 à Brindisi, quand il dut reporter le départ de la croisade en Terre Sainte Justement à l’occasion de la Croisade de 1228, l’empereur demanda à Adam de Crémone d’écrire le « Regimen iter agentium vel peregrinatium » ; un véritable et sûr traité de médecine militaire qui instruisait les cavaliers et les pèlerins en partance de la façon dont il fallait affronter le voyage, le climat et les animaux des pays orientaux.  

Miniature tirée du”De Balneis Puteolanis” de Pietro d’Eboli (Rome Bibliothèque Angelica).  

De plus à la Cour souabe circulait un livre de grand intérêt pour tous, « De retardatione acidentium senectutis » : un mélange de la jeune science, de l’alchimie, de préceptes  de quatre sous qui enseignait- comme l’indique clairement le titre- à vivre plus longtemps et surtout en pleine forme en renforçant les prestations du corps et de l’esprit en utilisant les propriétés des produits naturels.  

Le chroniqueur  de Padoue Rolandino raconte que pendant le siège de Parme de 1248 l’Empereur, convalescent d’une brève maladie, veillait à se remettre en forme avec quelques promenades, en s’exerçant mieux à ses activités sportives  préférées. La prescription lui a coûté cher : les Parmesans, profitant de sa sortie sur les grèves du torrent Taro pour une battue de chasse, attaquèrent le camp impérial et lui imposèrent une cuisante défaite. Les circonstances de la vie empêchèrent  Frédéric  II de tirer profit de ses connaissances et de ses habitudes saines. Il mourra de fait à seulement 56ans dans des circonstances  que tout un chacun, en attente de nouvelles sources définitives, met encore en discussion.  

Copyright  ©2002 Carlo Fornari e Alberto Gentile

Traduction en langue française par Monique Labas.

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L’histoire  Mineure  de  Frederic II