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Les chevaliers Teutoniques Ordre Teutonique de Sainte Marie de Jérusalem par Alberto Gentile sei il visitatore n°
Ruines de l’hospice teutonique de Sainte Marie des Teutons. Le jeune Empereur, peu de mois après son couronnement comme roi de Sicile, qui s’était réalisé à Palerme le 25 décembre 1194, au cours d’une diète qui s’était tenue pendant la semaine sainte de 1195 à Bari, s’était en fait engagé à entreprendre une expédition en Terre Sainte, dans le but de démontrer au pape sa réelle fiabilité, en marge de l’«unio regni ad imperium » donnée en condition du mariage avec Constance de Hauteville. Il se serait agi d’une croisade presque exclusivement allemande. Mais peu de jours avant l’arrivée du principal contingent militaire à Acre, le 21 septembre 1197,suite à la mort imprévue d’Henri VI, survenue le 28 septembre, l’entreprise, qui pourtant se poursuivit jusqu’au printemps 1198, perdit sa consistance politique et religieuse. Entre ces croisés, en tous cas, ressortissait une confraternité hospitalière allemande accréditée près du pape: à Acre, elle se transforma en véritable Ordre de Moines Militaires et en 1198-1199 obtint sa reconnaissance officielle et la règle de saint Augustin par une bulle d’Innocent III. Tandis que les Templiers étaient presque tous français et les Hospitaliers en majorité italiens et français, seulement des membres de la noblesse allemande purent adhérer à l’Ordre teutonique.
Chevaliers Teutoniques en tenues de guerre, gravure de Brann et Scheineder, Munich de Bavière 1890. Les Teutons, dès leur origine, restèrent liés à une idée nationale rigidement circonscrite dans le Vaterland germanique. Cette circonstance ne les empêcha pas cependant d’être des acteurs des guerres de défense de Jérusalem et de se montrer glorieux dans leurs engagements en Orient, à l’égal des fratres du Temple et des Hospitaliers. Un autre élément qui différencia sensiblement l’Ordre Allemand des autres confréries est le rôle réservé aux femmes qui furent toujours actives et présentes dans les rangs de l’Ordre, surtout pour l’assistance aux blessés et malades. L’Ordre comprenait des chevaliers et des ecclésiastiques, tous habillés d’un manteau blanc avec une croix noire pattée[3] (c’est-à-dire élargie à l’extrémité) sur le côté gauche : les premières sur l’armature, les secondes sur la tunique. De voyantes plumes noires décoraient le casque. Sur le bouclier et sur les sceaux, l’emblème d’une aigle avec les ailes repliées et les serres prêtes à saisir était gravée. Parmi les figures les plus représentatives de l’histoire des chevaliers à la croix noire on remarque celle de Hermann Von Salza[4], Grand Maître de l’Ordre de 1211 à 1239, successeur dans cette charge de Heinrich Bart.
Originaire de Thuringe, il fut le conseiller diplomatique de Frédéric II de
Hohenstaufen[5]
et interlocuteur privilégié d’Honorius III. Hermann Von Salza.
Hermann Von Salza rendit possible le report de la croisade dite «croisade des excommuniés» plusieurs fois réclamée par Honorius III; il fut déterminant dans le recrutement des milices impériales en Germanie; il se rendit à plusieurs reprises en Syrie où il agissait avec son Ordre pour organiser la libération du Saint Sépulcre; il combina, en outre, le mariage de Frédéric II et de Yolande, fille du régent de la couronne de Jérusalem, Jean de Brienne; il participa à la croisade sans effusion de sang de Frédéric en 1228. Et même: l’unique ordre qui soutint l’Empereur au cours de l’ainsi dite «croisade des excommuniés» fut celui des chevaliers Teutoniques, parce que les Templiers et les Hospitaliers, à cause de leur fidélité au pontife romain, maintinrent une attitude hostile à la campagne impériale qui conduisit pourtant à la conquête des lieux saints, sans effusion de sang. Von Salza fur un diplomate in fatigable: il parcourut à plusieurs reprises les routes poudreuses qui, de Foggia menaient vers Rome pour remettre des messages et intervenir. Malgré ses multiples engagements près de la Curie Impériale, il réussit toujours à contrôler l’Ordre. Il fut fidèle à son seigneur jusqu’à sa mort.
Pièce sculptée retrouvée à Torre Alemanna- Corneto (Cergnola Foggia) - Arme de l’Ordre Teutonique. Entre 1225 et 1226, le duc polonais Conrad de Mazovie appela les chevaliers Teutoniques pour combattre les païens de sa voisine la Prusse. Von Salza, profitant des excellents rapports en cours avec la cour souabe, obtint de Frédéric II, le 26 mars 1226 à Rimini, la confirmation impériale de donations faites par le duc lui-même sur le territoire de Kulm (Kulmerland) et le droit pour l’Ordre de conquérir et d’évangéliser la Prusse. A partir de ce moment-là, pendant presque cinquante ans, les Chevaliers Teutoniques conduisirent une longue et sanglante conquête, considérée au même degré qu’une Croisade. Transférés avec leurs armées et leurs habiles architectes en Europe de l’Est, en un temps très bref ils concoururent à la fondation de nouvelles villes, forteresses, ports et centre d’activités commerciales visant à s’opposer aux récurrentes migrations barbares sur le versant oriental de l’Europe. En 1237, la Livonie fut annexée au territoire prussien, la Livonie était une région attribuée aux Chevaliers Porte-Glaive[7] qui furent englobés par les ChevaliersTeutoniques qui ensuite assujettirent aussi l’Estonie.
L’extension fut enrayée en 1242, dans les eaux glacées du lac du Tchoudsk où les Russes commandés par Alexandre Nevski[8] battirent les chevaliers Teutoniques. Après un tel évènement, l’Ordre concentra ses forces surtout contre les populations lituaniennes qui peuplaient les territoires situés entre la Prusse et la Livonie: malgré la résistance obstinée des tribus locales, en 1283 la Prusse pouvait se dire définitivement conquise par les hommes au blanc manteau à croix noire. ostolique de 1965, il a pour Grand Maître l’abbé qui porte la mitre Père Docteur Bruno Platter O.T., son siège actuel est à Vienne. |