|
Une
Adolescence Difficile Par Alberto Gentile
Fils d’une mère âgée- à cette époque, après
la quarantaine commençait en général l’inexorable déclin- et d’un père
arraché à Le
jeune Frédéric est reçu par le pape Innocent III Sa mère, avant de mourir, eut le temps de le faire
couronner Roi de Sicile et le confia aux bons soins du Pape Innocent III - Lotaire comte de Segni: une tutelle particulièrement
qualifiée, peut-être l’unique en mesure d’éduquer un homme cultivé et
sage, même d’en faire un instrument de pouvoir à la solde d’une Eglise
forte, déterminée, au sommet de la splendeur médiévale. Les évêques des diocèses du royaume de Sicile
furent chargés de son éducation et plus particulièrement Gautier de Pagliara,
évêque de Troia en Capitanatie. Mais tous ces bons projets furent vite déçus. Après l’extinction des Hauteville, l’occupation
germanique de Marcovaldo de Anweiler imposa à la Sicile une période d’énormes
difficultés sociales et économiques. è Par conséquent personne n’eut la possibilité de s’occuper du petit roi qui resta abandonné à lui-même pendant cinq très longues années.Ses lieux préférés étaient les bas-fonds et la zone portuaire dans une Palerme pauvre et conflictuelle; seulement quelques familles bourgeoises, émues par sa situation, le recevaient mais rarement pour déjeuner avec eux. è
La vie de la rue permettait à Frédéric de se
trouver en contact avec des gens de toutes conditions sociales, races, religions,
d’observer grâce à sa position privilégiée le comportement du peuple et
des nobles qui auraient été ses sujets. Cette expérience, loin d’abattre son esprit tenace, déjà triomphant, le porta à aimer l’Italie méridionale qu’il considérera à l’âge adulte comme sa seule patrie; è Cela lui apprit à vivre dans un environnement cosmopolite, le portant à comprendre les races, les religions, les cultures différentes, claire promesse de la tolérance qu’il montrera à l’âge adulte;è Cela le convainquit de s’être réellement fait par lui-même et de ne rien devoir à ses précepteurs, à ses parents, à l’autorité de l’état, aux prêtres.Une fois l’occupation germanique terminée et le lent retour à la normalité mis en route, Frédéric put reprendre sa position à la cour. Après tant d’années, Gautier de Pagliara le vit transformé, doté d’un caractère fort, plus mûr que son âge, mais grossier, disgracieux, victime de la vie qu’il avait menée dans une ambiance si différente de celle qui l’attendait. { La vie de Frédéric subit un tournant en 1210 quand
Otton IV de Brunswick, successeur d’Henri VI sur le trône de Germanie, en dépit
de sa promesse, démontra par des faits sa volonté d’unir la couronne de
Germanie et celle de Sicile : un acte que la Curie romaine ne pouvait ni ne
voulait accepter, pour ne pas courir le risque que ses possessions, situées
dans l’Italie centrale, ne puissent être encerclées par une telle puissance
politique et militaire forte, difficile à contrôler. Innocent n’hésita pas à intervenir avec la nécessaire
détermination : il excommunia Otton et è imposa la nomination comme roi de Germanie du jeune Frédéric de Souabe:un choix risqué, fondé seulement sur la confiance
accordée à un jeune de 17ans, dans l’espoir que l’éducation reçue et la
condescendance envers les pressions du pape l’auraient conduit à respecter
toutes les prétentions de l’Eglise. Ayant pris en main ses nouvelles charges, Frédéric
se trouva de front avec d’énormes problèmes, décidément plus grands que
lui, et qui attendaient une solution de la Germanie à la Sicile, de la
Lombardie à Rome, siège de son
puissant précepteur. Copyright ©2002 Alberto Gentile Traduction
en langue française par Monique Labas.
|