Les Chevaliers  du Temple

(Milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon)

par  Alberto Gentile

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L’institution de l’Ordre 

Sur l’initiative d’Hugues de Payns[1] entre 1118 et 1120 fut institué un autre ordre de chevalerie qui fut bien accueilli par le roi de Jérusalem Baudouin II, qui les plaça près de la mosquée de Al-Aqsa, sur l’emplacement  du Temple de Salomon. A partir de cela le nouvel ordre prendra le nom de «Milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon», ensuite abrégé en Ordre du Temple ou Ordre des Templiers. On raconte qu’au début il était composé d’un groupe de neuf chevaliers français, qui avaient fait vœux de pauvreté, chasteté et obéissance et jurèrent de protéger la Terre Sainte.

 

Deux Templiers

Guillaume de Tyr, qui a vécu dans la seconde moitié du XII siècle, écrivit que la fonction fondamentale des Templiers était de surveiller les routes suivies par les pèlerins, en les protégeant, si nécessaire, même en utilisant les armes sur les routes peu sûres qui allaient des ports d’accostage à Jérusalem et au Jourdain. Pour accomplir un tel devoir, sûrement le noyau initial de neuf hommes dût  enrôler de nouvelles recrues. En réalité, rapidement l’Ordre sera contraint de participer à des combats pour défendre les Etats  Latins qui s’étaient formés après 1099 (Edesse, Antioche, Tripoli et le Royaume de Jérusalem).

Donc ces hommes qui entraient dans l’Ordre du Temple bien qu’ils eussent fait vœux de pauvreté, chasteté et obéissance au bout de peu de temps se retrouvèrent à combattre et assassiner l’ennemi infidèle.

Le christianisme, religion éminemment pacifiste, à un certain moment se trouva dans le devoir d’affronter le problème de la guerre. Tout cela peut être compris en rappelant qu’Isidore de Syrie et avant Saint Augustin définirent le concept de «guerre» compatible avec le christianisme. En pratique, est juste une guerre décidée par une autorité légitime qui aurait pour but la défense contre un agresseur, ou la récupération d’un bien dont celui-ci se serait approprié. A ce moment-là, la Croisade était une guerre juste parce qu’il s’agissait seulement de reprendre Jérusalem. A ce moment-là, ceux qui ont conduit cette «guerre juste» ont donc constitué la milice du Christ.

Parce que la croisade avait pour but la prise de Jérusalem et la défense des lieux Saints, l’institution de l’Ordre des Templiers et des autres ordres religieux militaires qui poursuivaient le même but était une chose juste. 

 

Le Concile de Troyes  

Tous n’étaient pas convaincus de la légitimité de tels principes. Même à l’intérieur de l’Ordre certains manifestaient quelque perplexité.

Et c’est peut-être pour trouver une légitimation à son initiative qu’Hugues de Payns se rendit en Occident, ainsi en janvier 1129 [2] (selon d’autres en 1128) au concile convoqué à Troyes en Champagne, fut approuvé l’Ordre du Temple. Parmi les membres du Concile, il y avait Bernard, abbé de Clairvaux (1090-1153, canonisé en 1174), un des Pères du monachisme cistercien et parmi les plus hautes personnalités spirituelles de l’époque, qui, à la requête des Templiers, rédigea la Règle de ce nouvel ordre (Liber de laude nove militiate). De cette manière, le futur Saint Bernard devint patron et protecteur officiel des Chevaliers du Temple. Aux Templiers on accorda un statut international comme Ordre Souverain et leur quartier général à Jérusalem devint le siège du gouvernement de l’Ordre. L’Eglise reconnut les Chevaliers comme ordre religieux et Hugues de Payns en devint le premier Grand Maître. En signe de distinction particulière, les Chevaliers du Temple furent classés en Moines-Guerriers avec le droit  de revêtir les blancs manteaux de la pureté et avec l’obligation de se laisser pousser la barbe pour se distinguer des fraternités mineures.

Après le Concile de Troyes, Hugues de Payns organisa la réalisation en Occident des bases d’un réseau de maisons templières nécessaires pour fournir aux frères présents en Orient tout ce dont ils avaient besoin pour conduire à terme leur mission.

Moines-Guerriers 

Le Grand Maître retourna à Jérusalem avec une centaine de nouveaux chevaliers qui vinrent grossirent les garnisons du Temple. Dans le domaine des combats pour la défense des Etats Latins les chevaliers devinrent d’excellents combattants  et se mirent particulièrement en évidence en le restant à temps plein. Leur Règle comportait des références précises envers la discipline à respecter au couvent, sur le champ e bataille et pendant les déplacements. En outre elle contenait, en seconde partie, les retraits ou les alinéas, indications précises sur le règlement militaire. L’Ordre du Temple arriva, très rapidement, à pouvoir mobiliser en Orient un corps de cinq cents chevaliers.

 

Templiers, illustration du XIX siècle

 

Tous habiles pour manier les épées, les lances et les boucliers, bien protégés par une cotte de maille métallique, par une armature et un heaume, les chevaliers de l’Ordre présents en Terre Sainte inspiraient un très grand respect à  leurs adversaires musulmans. Sous les ordres d’un maréchal, assistés de valets et de palefreniers, ils combattaient  en escadron appelé «eccele». Bien que le principal devoir des Templiers fût  de défendre les pèlerins et aussi de les protéger, souvent ils prirent partie à de véritables opérations de commando contre les forces musulmanes. Les Chevaliers du Temple, avec les autres ordres présents en Terre Sainte (les Hospitaliers de saint Jean [3] et les Teutons [4], suivirent les ordres de différents souverains occidentaux qui se rendaient  en croisades. Parmi ceux-ci, Richard Cœur de Lion. Souvent les chroniqueurs de l’époque ont remarqué la discipline et la cohésion des Templiers et des chevaliers des autres ordres. A ce propos l’évêque d’Acre, Jacques de Vitry, affirma « c’est le devoir d’obéissance qui a habitué les frères des ordres à respecter la discipline militaire ». Un autre aspect important à relever  est la solidarité qui existait entre chevaliers et aussi entre chevaliers et serviteurs, cette dernière qualité n’a pas toujours été  citée en Occident.

 

L’Ordre du Temple s’accroit. 

L’Ordre du Temple, comme les autres ordres présents en Orient, trouvait en Occident les ressources matérielles et humaines pour soutenir ses activités en Terre Sainte. Tout comme les ordres monastiques il recevait sous forme d’aumône des donations de terres, des églises et des rentes affluaient de toute l’Europe. La protection de Saint Bernard joua beaucoup à l’avantage des Templiers, celui-ci s’était engagé dans la lutte contre le schisme d’Anaclet, soutenant le pape légitime Innocent II au Concile de Pise en 1135. Quelques temps après Bernard convainc le souverain pontife qu’il était important de soutenir un ordre tel que celui des Templiers et en peu de temps les donations se multiplièrent. En1139, le pape Innocent II, par la bulle «Omne datum optimum» exempta les chevaliers de toute obligation envers toute autorité internationale, exceptée la sienne.

Le chapitre Général des Templiers tenu à Paris en 1147

 

Ainsi l’unique supérieur de l’Ordre était le pape. En 1146, les Templiers obtinrent du pape Eugène II l’autorisation de se décorer de la croix de sang  conventuelle. En peu de temps, l’Ordre se trouve posséder  des établissements partout, partagés en Commanderies, à leur tour organisées en bailliages et ensuite en provinces: en France, sur la péninsule ibérique, sur les îles britanniques, en Allemagne, en Croatie jusqu’à la Hongrie. En Italie il eut la domus à Piacenza, à Milan, à Albergo, à Trévise et à Rome. Dans le Royaume de Sicile à Trani, à Bari, à Brindisi, à Barletta et aussi en Capitanie où  dans l’inventaire des biens séquestrés par Frédéric II en 1229 on compta bien 37 maisons.

Il ne s’agissait pas toujours de forteresses, souvent les domus des Templiers se trouvaient au centre d’un e construction de type féodal. Le commandeur des Templiers percevait des redevances paysannes, des péages et des impôts. Une grande partie de tout ce qui était confisqué à ces possessions  devait être envoyée en Terre Sainte. Les Templiers résidants en Occidents se révélèrent d’habiles administrateurs, attentifs à tirer des biens gérés le maximum de profit. Grâce à l’habilité qu’ils montrèrent à administrer l’argent et grâce aux  importants transferts de fonds qu’ils effectuèrent entre l’Orient et l’Occident, ils furent considérés par beaucoup comme de véritables banquiers. Souvent, on confia des fonds aux Templiers parce que leurs maisons étaient sûres, et on leur accordait toute confiance à cause de cela. Tout ceci explique le rôle joué dans ce camp. Suite à la perte de Jérusalem en 1187 leur quartier général fut transféré à Acre, où ils avaient un  siège près de la mer. De 1291 jusqu’à leur suppression qui advint en 1312, ils s’établirent à Chypre. Dans leur Règle, en plus de nombreuses normes disciplinaires, l’organigramme de l’Ordre était établi. A la tête de l’Ordre, il y avait un Grand Maître qui coopérait avec un Conseil et avec un certain nombre de dignitaires, parmi lesquels le Sénéchal, qui remplaçait le Grand Maître et le Maréchal qui faisait fonction de Chef d’Etat Principal et duquel dépendait la chevalerie. Au XII siècle, la fonction d’Inspecteur fut instituée : il représentait le Grand Maître en Occident. Les commanderies étaient gérées par des Commandeurs et les provinces par des Maîtres.

Les Templiers disposaient de plusieurs sceaux; le Grand Maître, selon la Règle, disposait de  la «bulle» qui sur le recto reproduisait la coupole du Rocher [5] (le templum Domini en latin) et sur le verso  deux chevaliers. Quand le rôle de l’Inspecteur général fut institué, le Grand Maître  conserva pour lui comme sceau la coupole du Rocher et l’Inspecteur prit la partie avec les deux chevaliers. Les Maîtres des provinces et les Commandeurs disposaient d’autres sceaux. L’Inspecteur de l’Ordre voyageait beaucoup et c’est à cause de cela que son sceau se diffusa dans toute l’Europe. Celui-ci représentait deux chevaliers sur le même cheval. On a donné différentes interprétations du symbolisme d’une telle image. Pour certains elle représentait la pauvreté de l’Ordre; pour d’autres, la solidarité entre ses membres et aussi un signe d’humilité.

 

Sceau du Grand Maître du Temple avec la coupole, « bulle ».

 

Sceau de l’Inspecteur du Temple avec deux chevaliers.

 

Les rapports avec Frédéric II

Frédéric II, empereur du Saint Empire Romain Germanique et roi de Sicile, ne démontra aucune prévention dans les confrontations avec les Templiers et les Hospitaliers, même s’il tenait toujours à favoriser l’Ordre Teutonique. Entre 1228 et 1229 les châteaux et fortifications militaires du royaume de Sicile avaient été placés sous la surveillance de deux « maîtres et inspecteurs des châteaux impériaux » qui étaient un Templier et un Hospitalier. Ce qui peut avoir créé une légende  relative à un engagement des Templiers dans la construction du Castel del Monte. Mais  cette circonstance est tout à fait improbable parce que les rapports entre l’empereur et les Ordres ne furent jamais idylliques, vu que les Templiers ne manquèrent jamais, même aux moments les plus confus, à leur fidélité à l’autorité papale. Donc les rapports entre Frédéric II et les Ordres furent subordonnés à cette donnée constante et leur allure irrégulière est vue selon les relations oscillantes entre la Papauté et l’Empire. Il semble que déjà en 1226 le Souabe avait confisqué les biens des Templiers et des Hospitaliers. Quand Frédéric II se rendit en Terre Sainte en tant qu’excommunié pour la croisade entre 1227 et 1228, les Templiers et les Hospitaliers maintinrent des distances avec lui, obéissant ainsi au pape.

Durant la période entre 1229 et 1231, les Templiers subirent  des confiscations et des persécutions; et même après la réconciliation entre le pape et l’empire, on ne fit pas aux Ordres  les restitutions de biens qui avaient été prévues. Aussi, même si les rapports avec les Hospitaliers s’améliorèrent avec le temps, ils restèrent tendus avec les Templiers. Frédéric II, lui-même ordonna dans son testament la restitution des biens confisqués à l’Ordre du Temple par son administration. Sûrement  dès les «Constitutions de Melfi» de 1231 et encore ensuite, les inspecteurs du système castellaire du royaume de Sicile ne furent plus recrutés parmi les membres des Ordres de chevalerie.

De tout ceci ressort qu’il est extrêmement improbable que le château octogonal d’Andria de quelque sorte que ce soit ait vu les Templiers impliqués dans sa construction.

De bons rapports s’établirent de nouveau avec Manfred à tel point que les Templiers refusèrent d’aider le pontife romain dans sa lutte contre le fils de Frédéric II.

 

La fin de l’Ordre du Temple

A la fin du XIII siècle (1291), à la suite de la perte de ce qui restait du royaume de Jérusalem aux mains des armées musulmanes, commença le déclin des Ordres militaires en Terre sainte. Les Hospitaliers se transférèrent à Rhodes et les Templiers à Chypre. Pendant cette période, en Europe, beaucoup commencèrent à s’interroger sur la valeur effective des Croisades et sur les motifs de la défaite, accusant les Ordres militaires de ne pas avoir su défendre la Terre sainte. D’autres pensèrent à l’opportunité de réunir les Hospitaliers et les Templiers, mais ces derniers s’y opposèrent.

Il ne servit à rien de rappeler l’extrême sacrifice des Templiers qui, conduits par le Grand Maître Guillaume de Beaujeu, à Acre en 1291 défendirent vaillamment jusqu’au dernier rempart  le croisé en Orient.

Dans ce climat qui voyait vaciller le pouvoir des templiers, certains souverains européens dirigèrent des hostilités contre l’autorité papale, visant à stabiliser leur propre souveraineté. Ce conflit concerne particulièrement le roi de France Philippe IV dit le Bel et le pape Boniface VIII.

Philippe le Bel, se servant de l’habileté d’un fonctionnaire de sa cour, Guillaume de Nogaret, prépara un acte d’accusation contre Boniface VIII, qui culmina en 1303 avec l’affront d’Anagni, accompagné de la tentative d’arrestation.

Pendant la période de conflit entre Boniface VIII et Philippe le Bel, de nombreux établissements de l’Ordre du Temple en France se rangèrent du côté du souverain, mais il n’en fut pas de même partout.

Jacques de Molay, Grand Maître  depuis 1293, s’opposa à un prêt de 40.00 florins d’or que le trésorier du temple de la capitale française avait accordé au roi Philippe IV. EN outre les chevaliers du Temple gardaient dans leur coffre-fort le trésor du roi de France.

Vues les circonstances, le roi Philippe IV commença une campagne contre les templiers, considérant comme valables les confessions d’un aventurier, Esquieu de Florian, qui commença à répandre d’infamantes nouvelles sur les frères.

Ce sera Nogaret, se basant sur les accusations qu’Esquieu de Florian avait répandues contre l’Ordre, qui  préparera un véritable dossier (1305).

 

Le roi de France Philippe IV le Bel

Le pape  Clément V

Jacques de Molay

 

Des nouvelles vraiment calomnieuses vinrent à circuler à propos de l’Ordre du Temple. En particulier, ils furent accusés de connivence avec les sarrasins, de sympathie pour eux et pour cette secte hérétique, d’intempérance de plusieurs genres, de péchés charnels et surtout de sodomie. En vérité, cette pratique sexuelle contre nature était répandue dans les confrontations d’un peu tous les ordres religieux, il ne faut pas exclure qu’à la base de ces accusations il n’y ait eu des épisodes réels.

En outre, on affirmait que les membres de l’Ordre étaient conduits à renier le Christ et à cracher sur la croix, en quelque sorte sacrilèges au cours des cérémonies. Les Templiers auraient adoré, selon ces accusations, des idoles, des chats et des têtes. En particulier ils auraient adoré comme talisman une tête étant peut-être celle d’un sultan et prise en garde par les Templiers qui se seraient secrètement convertis à l’Islam. La tête venait de Baphomet[6].

Dans un premier temps, le pape Clément V et les autres souverains européens n’accordèrent pas d’importance à ces dires, mais Philippe le Bel, qui devait de l’argent au Temple et qui avait l’intention de mettre l’Eglise de  France sous son contrôle en discréditant ceux qui seraient fidèles au pape, saisit l’occasion pour attaquer les Templiers. Rapidement, le roi se mit à persécuter les frères du Temple.

Pendant l’été de 1307 le pape, pour évaluer la possibilité de faire une nouvelle croisade sollicitée par Charles de Valois, frère du roide France, convoqua à sa résidence le Grand Maître des Hospitaliers  Foulques de la Villaret et Jacques de Molay Grand Maître des Templiers.

Ce dernier, indigné par les calomnies répandues contre son ordre demanda au pontife d’ouvrir une enquête. Le souverain français, craignant l’enlisement de l’affaire, décida d’emprisonner les Templiers. Ainsi en octobre 307 à Paris on en arrêta 138, parmi lesquels Jacques de Molay.

Il parait que sous la torture ils confessèrent certains des crimes dont on les accusait. Le pontife, pour reprendre les choses en main, ordonna l’arrestation de tous les Templiers, beaucoup de souverains lui obéirent.

En août 1308, par la bulle «facians misericordiam», il décida l’ouverture d’un procès inquisitoire pour hérésie.

Seulement, en France, où la pratique de la torture était largement utilisée, et dans les pays  sous son  influence  beaucoup de Templiers arrêtés se confessèrent en avouant. Ce qui ne se produisit pas dans d’autres pays. En 1310, un bon nombre de Templiers retirèrent leurs propres aveux en défendant l’Ordre, mais Philippe le Bel réagit violemment et le 10 mai de la même année il en fit brûler vivants 54.

Cela ne se passa pas pareil dans toute l’Europe; dans quelques pays ils furent simplement emprisonnés, dans d’autres les frères opposèrent une résistance et dans d’autres encore ils n’eurent aucun ennui comme en Germanie et dans certains états espagnols.

Le 16 octobre 1311, à Vienne un concile œcuménique  fut convoqué pour décider du sort de l’Ordre. Les chefs d’accusation n’étant pas très convaincants, une bonne partie des Pères conciliaires ne désirèrent pas  penser à la condamnation. Mais l’opportuniste Clément V, sous la pression de Philippe le bel, le 22 mars 1312, par la bulle Vox in excelsio décréta la suppression de l’Ordre. Ses biens furent saisis et transférés aux Hospitaliers.

A Paris les hauts dignitaires de l’Ordre étaient encore emprisonnés. Parmi eux, Jacques de Molay, qui s’en remis au jugement du pape. En 1314, le souverain pontife notifia, par l’intermédiaire de trois cardinaux, à de Molay sa sentence de prison à vie. Le Grand Maître se sentant trahi, dans un mouvement impétueux d’orgueil, retira tout ce qu’il avait admis précédemment et défendit l’Ordre de toute accusation. Le  commandeur de Normandie, Geoffroi de Charnay fit de même. Le soir du même jour, 18 mars 1314, de Molay et de Charnay finirent sur le bûcher.

 

 

Templiers  qui retirèrent les confessions extorquées sont mis sur le bûcher. 

 

 

De Molay avant d’être exécuté

 

Il n’et pas à exclure que des infiltrations hérétiques ne se soient introduites dans l’Ordre du Temple, mais il faut rappeler que les interrogatoires furent conduits dans des conditions d’intimidation et souvent sous la torture.

Après la suppression de l’Ordre du Temple leurs biens, en grande partie furent remis aux Hospitaliers. Les templiers survivants, en majorité, se réconcilièrent avec l’Eglise, en partie s’unirent aux Hospitaliers. D’autres passèrent à la vie laïque. Dans le royaume d’Aragon il s’établit que les biens des Templiers fussent confiés au nouvel ordre de Montesa, au Portugal au nouvel ordre du Christ les ex Templiers ne se joignirent ni à l’un ni à l’autre. Toutes les autres rumeurs ne sont que légendes.

J’aimerai terminer en citant Alain Demurger, enseignant en histoire médiévale à l’Université de Paris I, quand il écrit au début de son essai dédié aux Templiers: «L’Ordre du Temple s’est ni une société secrète, ni une secte ésotérique; c’est, si on peut s’exprimer ainsi, un objet historique bien identifié, s’il n’est pas bien connu»

 

 

Grand Maître des Templiers

Ugo di Payns 1119 1136
Roberto di Craon 1136 1149
Everardo des Barres 1149 1152
Bernardo di Trémelay 1152 1153
Andrea di Montbard 1153 1156
Bertrando di Blanquefort 1156 1169
Filippo di Nablus 1169 1171
Oddone di Saint-Amand 1171 1179
Arnaldo di Toroga 1180 1184
Gerardo di Ridfort 1185 1189
Roberto di Sablé 1191 1193
Gilberto Erail 1194 1200
Filippo di Le Plezzies 1201 1209
Guglielmo di Chartres 1210 1219
Pietro di Montaigu 1219 1232
Armando di Périgord 1232 1244
Guglielmo di Sonnac 1245 1250
Rinaldo di Vichiers 1250 1256
Tommaso Berard 1256 1273
Guglielmo di Beaujeau 1273 1291
Tibaldo Gaudin 1291 1293
Giacomo di Molay 1292 1314

 

[1] Hugues de Payns, le premier Grand Maître des Templiers, était le cousin et le vassal du comte de Champagne. Son commandant en second était le chevalier flamand  Geoffriy Saint Omer et un autre des premiers Templiers fut André de Montbard, parent du comte de Bourgogne. 

[2] Le Concile de Troyes - Guillaume de Tyr, chroniqueur  du XII siècle, écrivit que l’Ordre du Temple reçut sa Règle, neuf années après sa fondation, au cours du Concile de troyes. Celui-ci avait débuté le 13 janvier 1128, donc la fondation de l’Ordre remonterait à 1119. En 1998, l’historien Rudolf Helstand, dans son article proposa  certaines variations sur la chronologie de la fondation de l’Ordre. Partant du fait que le cardinal Matthieu d’Albano, légat du pape, présent au Concile de Troyes, était en Sicile en décembre  1127, Helstand considérant qu’il était  pratiquement impossible, à cette époque, de faire le voyage  de la Sicile à la champagne en aussi peu de temps, sinon par mer (mais en hiver on ne naviguait pas), fit noter que en Champagne  au XII siècle le début de l’année coïncidait avec l’Annonciation. Voyant ainsi les choses, 1128 aurait débuté le 25 mars pour finir le 24 mars suivant. Donc toutes les dates comprises entre le premier janvier et le 24 mars devraient être transposées  en 1129 pour coïncider avec le calendrier actuel. Partant de ces dates, Helstand situa la fondation de l’Ordre en 1120 entre janvier et septembre.

[3] Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, qui ensuite est devenu «de Rhodes» et enfin «de Malte».

[4] Frères de l’Hôpital de Sainte Marie des Teutons de Jérusalem, ordre hospitalier fondé en Terre Sainte selon certains en 1189-1191.  

[5] La coupole du Rocher, connue aussi comme Mosquée d’Omar, se trouve au centre de l’emplacement du Temple, mais elle n’appartenait pas à l’Ordre du Temple, dont le quartier général était proche de la mosquée d’El-Aqsa. 

[6] L’Illustre Antonio Sicci de Vercelli, qui avait travaillé pour les Templiers, parla  de baphomet. Au procès du premier mars 1331, il raconta avoir entendu une histoire étrange et que le commandeur des Templiers de Sidone, le Picard Matthieu dit « la Sarmage », serait devenu frère de sang du sultan du Caire. Ce dernier était possesseur d’une tête aux pouvoirs magiques, qui après serait passée aux mains des Templiers.

Bibliografia:

  • Georges Bordonove, La vita quotidiana dei Templari  nel XIII secolo, RCS Rizzoli Libri S.p.A., Milano 1989.

  • Alain Demurger, Vita e Morte dell’Ordine dei Templari, Garzanti, Milano 1996.

  • Franco Cardini, L’avventura di un povero crociato, Mondatori, Milano 1998.

  • Franco Cardini, Le Crociate – la Storia oltre il mito, Medioevo Dossier, De Agostini - Rizzoli Periodici, n° 2/1999.

  • Franco Cardini, LA NASCITA DEI TEMPLARI, San Bernardo di Chiaravalle e la Cavalleria Mistica, Editore: IL CERCHIO, Rimini 1999.

  • Franco Cardini, Gli Ordini Cavallereschi – una grande epopea che ha origine in Terrasanta, Medioevo Dossier, De Agostini - Rizzoli Periodici, n° 3/2000.

  • Franco Cardini, Europa ed Islam, Laterza, Roma – Bari 2000.

  • Malcolm Barber, Processo ai Templari - Una questione politica, ECIG - Edizioni Culturali Internazionali Genova s.a.s. di G.L. Blengino &C.

  • ANNE GILMOUR-BRYSON, THE TRIAL OF THE TEMPLARS IN THE PAPAL STATE AND THE ABRUZZI, Editore: Biblioteca Apostolica Vaticana - Città del Vaticano.

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