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L’Ecole Médicale de Salerne. Frédéric II était un tenace défenseur de la santé et montrait une forte passion pour la médecine; il prenait soin de son propre corps, comme le démontre les implantations sanitaires dont il avait dotées les demeures impériales, et il avait l’habitude de se faire une toilette très soignée même le dimanche, scandalisant les chrétiens de son entourage qui respectaient mieux la règle. De sa cour, sortirent de nombreux traités médicaux capables de marquer un véritable progrès scientifique et d’intéressantes normes pour la prévention des maladies. L’un de ses principaux mérites fut celui d’avoir su développer l’Ecole Médicale de Salerne en l’utilisant pour exercer la tutelle de la santé publique et émettre une législation plus évoluée. Les origines de l’Ecole Médicale de Salerne sont très anciennes et se perdent dans la légende. Elle prit racine dans les premiers fondements bénédictins survenus dans le duché de Benevento vers la fin du VII siècle, là où les moines diffusaient les œuvres médicales grecques et latines et exerçaient leur profession dans un milieu restreint. La période la plus célèbre de l’Ecole commença au XI siècle avec l’arrivée à Salerne de Constantin l’Africain qui introduisit dans l’enseignement les importantes œuvres arabes. C’était l’époque où s’imposait l’alchimie: une discipline exercée conjointement à la médecine, donc elle-même entrant dans la spécialisation de l’ Ecole de Salerne. Fille de la culture du haut moyen âge, l’alchimie, loin d’être un ridicule rite païen, était une pratique vouée à la transformation et à l’amélioration de tout ce qui existait dans la création. Après la première influence islamique, en Europe l’alchimie s’est développée selon une ligne autonome avec une remarquable diffusion près des cours : celle du pape et des Maisons régnantes étant donné que les premières applications se proposaient de transformer en or et en argent les matériaux viles, avec pour résultat de réaliser des richesses autrement impossibles à acquérir. Même si de nombreux concepts et instruments techniques sont devenus des instruments du patrimoine de la chimie moderne, les deux disciplines ont plus de différences que de points communs. L’alchimiste était plus philosophe que scientifique, dans la complexité générale des disciplines caractéristiques du moyen âge.
L’Ecole
Médicale de Salerne obtint les faveurs de Robert Guiscard (1015-1085), de
ses successeurs normands, des empereurs souabes; elle fut la première à
porter un titre académique reconnu dans tous les principaux pays
européens. A la fin du XII siècle, sa prospérité fut cependant influencée par la tourmente des aventures politiques qui touchèrent Salerne. La ville de Campanie était dévouée à la Maison des Hauteville; et en 1189, à la mort de Guillaume II, elle soutint ouvertement l’élection de Tancrède au trône du royaume de Sicile, contre les prétentions de l’héritier légitime, Henri VI de Souabe. Tancrède mort, Henri obtint le pouvoir par la force et se vengea de l’attitude de la communauté infidèle par des pillages, des destructions, des déportations en masse des citoyens. Un médecin soigne un malade, d’une miniature médiévale. Avec l’avènement de Frédéric II, Salerne ne retrouva pas ses anciennes splendeurs mais reprit une intense activité culturelle. L’empereur ne trahit pas son propre style: il finança la recherche scientifique et fit traduire en latin les traités de Claudio Galeno de Pergano (129-200 environ): le médecin et philosophe grec le plus fameux de l ‘Antiquité après Hippocrate et qui, pour méthode expérimentale, avait étudié l’anatomie et imposé d’importants progrès à la pharmacologie, commençant à soigner différentes manifestations pathologiques. Tout en soutenant avec quelques difficultés la concurrence de l’Université de Naples fondée en 1224, l’Ecole Médicale de Salerne commença à exercer un rôle très important dans l’organisation et la gestion de l’entière politique sanitaire du royaume de Sicile. Les étudiants de l’Université contribuèrent d’une façon déterminante à formuler les normes contenues dans le «Liber Augustalis»: la première législation d’empreinte constitutionnelle à l’avant-garde dans de tels secteurs, et qui ne sera pas le dernier: celui de la santé publique. Copyright ©2002 stupormundi.it
Traduction en langue française par Monique Labas. |