Avant-propos. Retracer l’histoire des principaux Ordres de Chevalerie médiévaux est certainement une entreprise importante, surtout dans in site qui ne leur est pas particulièrement dédié. Il n’est pas dans mon intention de fournir au lecteur une présentation complète et exhaustive. Par cette étude, je désire seulement éveiller la curiosité et celui qui sera intéressé pourra ensuite compléter personnellement ses recherches pour approfondir le sujet.
La naissance des Ordres de Chevalerie
Initialement Pierre l’Ermite conduisit une malheureuse expédition «la Croisade Populaire» (hommes, femmes et enfants d’humble condition) à travers l’Europe pour reconquérir la Terre Sainte. La plus grande partie d’entre eux n’arrivèrent jamais à destination; par milliers ils furent massacrés le long de la route par des bandits et des soldats à la débandade. Une partie de cette expédition, formée exclusivement d’Allemands conduits par Gottschalk, disciple de Pierre, et par Emich de Leisingen, n’arriva même pas à Constantinople, mais s’attarda à persécuter les Juifs[1] , et fut ensuite massacrée pendant la traversée de la Hongrie.
Un croisé regagne sa patrie, peint au XVIII siècle par K. F. Lessing.
A la suite d’une telle mésaventure entreprise par l’Ermite, le pape Urbain II rassembla une armée conduite par les meilleurs chevaliers d’Europe. La coordination était assurée par Adhémar, évêque du Puy, et à la tête des troupes il y avait le duc Robert de Normandie, le comte Etienne de Blois et le comte Hugues de Vandermois. Le contingent flamand était conduit par le comte Robert de Flandres et comprenait le comte Eustache de Boulogne et ses frères Godefroi de Bouillon et Baudouin. Le Sud de la France était par contre représenté par Raymond de Saint Gilles, comte de Toulouse. A ce moment-là, Godefroi de Bouillon était duc de la Basse Lorraine. De sa mère, Ida, qui avait fait reconstruire la grande cathédrale de Boulogne, Godefroi avait hérité du titre et du territoire de Bouillon qu’il hypothéqua lui-même en faveur de l’évêque de Liège pour financer sa campagne en Terre Sainte. Quand la Première Croisade prit la route, Godefroy était devenu son commandant suprême et après la victoire finale de 1099, il fut proclamé roi de Jérusalem. Mais il préféra ne pas user du titre de souverain et accepta la nomination de «Gardien du Saint Sépulcre». Pendant cette période, naquirent plusieurs Ordres de Chevalerie. Godefroi mourut en 1100, peu de temps après son triomphe à Jérusalem, et son jeune frère Baudouin de Boulogne lui succéda. Dix-huit ans plus tard, en 1118, à Baudouin succéda son cousin, Baudouin II du Bourg. Les Chevaliers du Temple (Milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon) Les chevaliers Teutoniques (Ordre Teutonique de Saint Marie de Jérusalem)
[1] 3 mai 1096: les croisés d’Emich donnèrent le signal de la croisade par l’attaque de la communauté juive de Spire. Mais la communauté réussit grâce à un généreux don à obtenir l’appui de l’évêque de Spire qui la prit sous sa protection. Mais le pogrom déchaîné des croisés coûta la vie de douze juifs (quelques uns des assassins furent capturés par l’évêque qui leur fit trancher les mains). 20 mai 1096: Emich de Leisingen et ses « pèlerins » se chargèrent la conscience à Worms d’une des plus atroces tragédies pour les juifs : encore à cette occasion l’évêque chercha à intervenir en les secourant et leur permit de se réfugier dans son palais épiscopal, mais cela ne servit à rien parce que les hommes d’Emich (à qui s’étaient joints de nombreux résidents de la ville et des environs) forcèrent les portes du palais massacrant environ cinq cents juifs.
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